22ème Plateforme Francophone des Agglomérations
Programme (provisoire - en cours de construction)
La gouvernance de la transition écologique au sein des agglomérations
Comment les agglomérations organisent‑elles leur gouvernance pour rendre effective la transition écologique face aux contraintes urbaines, sociales et environnementales ?
Du 1 au 4 juin 2026, la 22e Plateforme francophone des agglomérations réunira dans les villes de Luxembourg et de Belval plusieurs dizaines de participants des milieux universitaire (chercheurs, étudiants des cycles supérieurs), professionnel (cadres et professionnels municipaux ou gouvernementaux, représentants d’association) et politique (élus municipaux) autour des questions entourant l’aménagement du territoire et les notions de transition, de gouvernance, de financement, de monitorien et de résistance. Ces participants proviendront des territoires partenaires, soit de la Belgique, de la France, de la Suisse, du Québec et du Luxembourg.
Depuis 2002, la Plateforme se réunit à chaque année pour discuter de certains enjeux touchant les moyennes et grandes agglomérations. Elle visite successivement chacun des territoires partenaires. Chaque rencontre, d’une durée moyenne de 2 jours et demi (davantage lorsque la Plateforme se déroule au Québec afin de favoriser les activités de réseautage entre canadiens et européens), est l’occasion d’échanger sur certains défis de l’agglomération visitée et d’enrichir ces échanges par des présentations illustrant des cas similaires à l’étranger. Chaque rencontre permet de mettre en relation des réflexions issues de la pratique avec des réflexions de nature plus scientifique. L’objectif principal est de contribuer à l’amélioration des outils d’aide à la décision, au transfert des connaissances, voire à leur coconstruction, et à la formulation de nouveaux sujets de recherche.
Le « noyau dur » de cette Plateforme est actuellement composée : pour la Belgique, d’Alain Malherbe, coordinateur de recherche et professeur à l’Université Catholique Louvain; pour la France, d’Annette Groux et de Marc Dumont, professeurs à l’Institut d’aménagement, d’urbanisme et de géographie de l’Université de Lille ainsi que de Lionel Martins, chargé de mission au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires; pour le Luxembourg, de Frédéric Durand, chercheur au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research; pour la Suisse, de Florent Joerin, professeur à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale et à la Haute école d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud, directeur de l’Institut d’ingénierie du territoire; et, pour le Québec, de Michel Rochefort, professeur, au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Ce « noyau dur » agit en tant que comité scientifique.
Plateforme 2026 : objectif général et objectifs particuliers
La transition écologique est devenue l’un des défis majeurs du XXIe siècle, nécessitant une transformation profonde de nos modes de vie, de production et de consommation. Les agglomérations concentrent une grande partie de la population mondiale, une part prépondérante des emplois et de l’activité économique, des inégalités sociales. Elles font face à des problématiques environnementales complexes (qualité de l’air, disponibilité et qualité de l’eau, perte de la biodiversité…) et des contraintes urbanistiques fortes (îlots de chaleur, inondations, gestion des déchets…) qui les obligent à anticiper les risques à venir et à établir des stratégies d’adaptation, d’atténuation et de compensation pour y répondre le plus efficacement possible. Les agglomérations ont par conséquent un rôle crucial à jouer dans cette transition.
La transition écologique vise à réduire notre empreinte environnementale tout en assurant une meilleure qualité de vie pour tous. Cela se manifeste au sein des agglomérations par des actions concrètes couvrant différents champs parmi lesquels : (i) la mobilité, en encourageant les transports en commun, le vélo, la marche ; (ii) l’énergie, en améliorant l’efficacité énergétique des bâtiments et en réduisant la consommation d’énergie ; (iii) l’urbanisme, en créant des villes plus compactes, en repensant l’aménagement urbain pour favoriser la mixité sociale et fonctionnelle ; (iv) l’économie circulaire, en réduisant les déchets, en favorisant le recyclage, la réutilisation, et la réparation ou encore en développant de nouvelles filières ou manières de travailler ; (v) l’environnement, par la création et préservation de continuités écologiques, la limitation de l’artificialisation des sols et l’amélioration de leur qualité; et bien évidement (vi) le social, par l’identification des populations les plus vulnérables et à des actions visant à limiter les inégalités.
L’aménagement du territoire a donc un rôle crucial à jouer dans la transition écologique, en repensant l’urbanisme, les transports et l’habitat et leurs interactions, en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de préserver la biodiversité et de renforcer la résilience des territoires au changement climatique.
L’objectif est de créer des villes durables et désirables mais aussi de les préparer à faire face du mieux possible aux menaces liés à l’intensification des phénomènes météorologiques. Ce rôle est d’autant plus prégnant au sein des agglomérations qui sont des espaces où la consommation des ressources, les émissions de gaz à effet de serre et les îlots de chaleur sont importants. Cependant, la transition écologique ne peut se faire sans une gouvernance efficace, à même de coordonner les actions des différents acteurs et de surmonter les nombreux défis que cette transition génère.
La gouvernance de cette transition écologique au sein des agglomérations nécessite ainsi une réflexion approfondie et une action concertée de la part de tous les acteurs concernés : chercheurs, urbanistes, aménageurs, élus, et acteurs locaux.
Les défis et les enjeux de la gouvernance de la transition écologique
Les agglomérations sont des systèmes urbains caractérisés par une multitude d’acteurs, d’intérêts et d’enjeux interdépendants. Gouverner la transition écologique dans un tel contexte nécessite de comprendre et de gérer cette complexité, ce qui peut s’avérer particulièrement difficile notamment quand il faut gérer les contradictions et les tensions inhérentes au processus de transformation vers une économie et une société plus équitable, résilientes et durables. Les décideurs doivent être capables de prendre en compte les multiples dimensions des problèmes, de démêler les intérêts particuliers des différents acteurs de l’intérêt général, et de coordonner un ensemble d’actions afin de mettre en place ce nouveau modèle de développement.
La coordination des différents acteurs impliqués
L’un des principaux enjeux de la gouvernance de la transition écologique est donc la coordination des différents acteurs impliqués. Mais qui décide, participe et « fait » la transition ? Les chercheurs apportent des connaissances scientifiques et des innovations technologiques, les urbanistes et les aménageurs conçoivent des projets concrets pour les territoires, les citoyens, la société civile mais également les acteurs économiques contribuent en partageant leurs avis, leurs besoins et leurs idées tout en lançant des initiatives collectives ou isolées. Quant aux élus, ils prennent des décisions stratégiques et pragmatiques et allouent des ressources pour les mettre en œuvre. Une gouvernance efficace doit ainsi permettre une collaboration harmonieuse entre ces différents acteurs afin d’identifier les principaux problèmes rencontrés au sein des agglomérations, en favorisant le dialogue et la co-construction de solutions. Il semble également crucial de franchir les silos thématiques et sectoriels pour instaurer une approche intégrée tant les difficultés rencontrées sont transversales.
L'adaptation de la gouvernance institutionnelle
Le changement climatique impose de repenser le modèle sociétal et d’adapter la gouvernance institutionnelle pour faire face à ces nouveaux défis. Cela nécessite une approche proactive et flexible, capable de s’adapter rapidement aux changements et aux incertitudes. Les acteurs doivent être prêts à revoir leurs modes de fonctionnement et à adopter de nouvelles pratiques. Cela implique de renforcer la résilience des systèmes urbains et de favoriser une culture de l’adaptation au sein des organisations et des communautés. Des plans d’adaptation au changement climatique sont de plus en plus souvent élaborés et mis en œuvre pour anticiper et gérer les risques climatiques.
Les sources de finanacement et les investissements
La transition écologique nécessite également des investissements importants, qui peuvent être difficiles à mobiliser dans un contexte de contraintes financières. Il est alors crucial de repenser les modes de financement classiques, notamment en envisageant la fin des systèmes de subventions incitatives pour adopter des modèles plus durables et autonomes et/ou des modèles contraignants. Cela implique de réfléchir à des mécanismes de financement alternatifs qui peuvent soutenir des initiatives locales tout en assurant une répartition équitable des ressources. Des partenariats public-privé peuvent être explorés pour lever des fonds supplémentaires et partager les risques et les bénéfices des projets de transition écologique.
le monitoring de la transition écologique
Pour répondre aux défis du dérèglement climatique, le monitoring de la transition écologique semble être un levier incontournable pour aider les acteurs institutionnels dans les processus de prise de décision et la mise en place de stratégies efficaces d’adaptation, d’atténuation et de compensation, mais également pour informer les populations sur les trajectoires et les tendances observées concernant les émissions de CO2, la vitesse du réchauffement climatique, la montée des eaux… Un monitoring efficace et transparent permettrait de mesurer le poids et les effets quantifiables des changements opérés et des efforts fournis mais aussi de rendre compte à la population des avancées, des retards ou des régressions, en d’autres termes, de ce qui marche ou ne marche pas.
La résistance et le blocage
La transition écologique implique un changement profond de notre modèle sociétal qui se heurte à de nombreuses résistances et blocages. Nous nous situons à un moment de l’histoire où les connaissances scientifiques connues et reconnues mettent en avant des risques climatiques et environnementaux majeurs, où des limites planétaires ont été identifiés avec la quantification de seuils au-delà desquels les équilibres naturels terrestres pourraient être déstabilisés et les conditions de vie devenir massivement défavorables à l’humanité…Tout le monde est au courant de l’état préoccupant de la planète, nous savons et connaissons tous les risques, mais aucune rupture n’est actée. C’est quasiment le statu quo. Business as usual prédomine alors qu’il faudrait un changement notable des valeurs et des principes qui régissent notre société.
Conclusion
La gouvernance de la transition écologique au sein des agglomérations représente un défi majeur, exigeant une réflexion approfondie et une action concertée de la part de tous les acteurs concernés. Les enjeux sont nombreux et complexes, mais les opportunités sont tout aussi grandes de reconfigurer les modes de penser et d’agir
Pourtant, le constat est sans appel : loin de pouvoir s’appuyer sur des « bonnes pratiques » éprouvées, les acteurs de la transition écologique se heurtent à une réalité bien plus complexe. Les blocages s’accumulent, les dynamiques s’essoufflent voire s’inversent, le climatoscepticisme a le vent en poupe. Dans ce contexte la transformation de notre modèle sociétal se heurte à des résistances tenaces, d’autant plus que la transition écologique, souvent reléguée au second plan des priorités politiques, subit de plein fouet les restrictions budgétaires et le manque de volonté collective.
C’est précisément pour contribuer à atténuer cette inertie que cette conférence entend ouvrir la « boîte noire » de la gouvernance de la transition écologique, en se concentrant sur les territoires urbains. L’enjeu est de dépasser les impasses actuelles et de réfléchir à des alternatives pour mettre en place une gouvernance plus agile et responsable. Il ne s’agit pas seulement de dresser un état des lieux des défis et des blocages, mais bien d’analyser les échecs, de tirer les leçons des expériences passées, et d’envisager des propositions nouvelles en vue d’une gouvernance plus efficace de la transition écologique. Nous espérons que ces discussions seront fructueuses et inspirantes, et qu’elles contribueront à faire avancer la transition écologique dans nos agglomérations.
Programme (provisoire - en cours de construction)
Lundi 1 juin 2026
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14h00 | Accueil | |
14h30 | Visite de terrain : ancienne friche – visite avec l’agence en charge du réaménagement (AGORA) | |
16h30 | 2ème visite | |
18h30 | Apéro de réseautage | |
Mardi 2 juin 2026
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08h30 | Introduction : déroulement de la journée et présentation des questions abordées | |
08h45 | Trois présentations d’acteurs institutionnels | |
10h30 | Trois présentations de chercheurs | |
12h30 | Repas | |
14h00 | 1er Atelier de discussion sur les questions de la journée | |
16h30 | Restitution en plénière | |
17h00 | Visite | |
18h00 | Apéro de réseautage | |
Mercredi 3 juin 2026
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08h30 | Introduction : déroulement de la journée et présentation des questions abordées | |
08h45 | Trois présentations d’acteurs institutionnels | |
10h30 | Trois présentations de chercheurs | |
12h30 | Repas | |
14h00 | 1er Atelier de discussion sur les questions de la journée | |
16h30 | Restitution en plénière | |
17h00 | Visite | |
18h00 | Apéro de réseautage | |
Jeudi 4 juin 2026
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09h00 | Debrief de la plateforme | |
10h00 | Valorisation et suite | |
12h00 | Repas de midi | |
Synthèse de la 22ème Plateforme Francophone des Agglomérations
A venir
Cette Plateforme est organisé avec la concours des coordonateurs nationaux de la Plateforme Francophone des Agglomérations
pour la Belgique :
- Yves Hanin, professeur, Université Catholique de Louvain et directeur du Centre de recherches et d’études pour l’action territoriale
- Alain Malherbe, coordinateur de recherche et chargé de cours, Université Catholique Louvain
pour la France :
- Marc Dumont, professeur, Institut d’Aménagement, d’Urbanisme et de Géographie de Lille, Université de Lille
- Annette Groux, professeure, Institut d’Aménagement, d’Urbanisme et de Géographie de Lille, Université de Lille
- Lionel Martins, chargé de mission, Ministère de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires, Ministère de la Transition Energétique
pour le Luxembourg :
- Frédéric Durand, chercheur au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research
pour le Québec :
- Michel Rochefort, professeur, département d’études urbaines et touristiques, Université du Québec à Montréal
pour la Suisse :
- Florent Joerin, professeur, Haute École spécialisée de Suisse occidentale, Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud, directeur de l’Institut d’ingénierie du territoire
Comité
Frédéric Durand, chercheur au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research
